A propos de la terrariophilie

les reptiles: un peu d'histoire

Les reptiles ont été les premiers vertébrés parfaitement adaptés à une existence indépendante du milieu aquatique. Pendant 150 millions d'années, ils ont dominé la vie animale sur la terre.
Les reptiles actuels comprennent quatre ordres : les chéloniens, les rhynchocéphales, les crocodiliens et les squamates, ce dernier incluant sauriens, ophidiens et amphisbéniens.
Les chéloniens sont apparus les premiers, sans doute en même temps que les plus anciens reptiles, voici 300 millions d'années.

La classe des reptiles comprend environ 6 000 espèces, dont plus de 95 pour 100 sont des lézards ou des serpents. Tous les reptiles sont des vertébrés à température variable. Ils se distinguent des amphibiens par leur peau écailleuse, par leurs poumons développés, ventilés par les mouvements des côtes, et par l'absence de métamorphoses.
Le plus ancien reptile connu, qui appartient au genre Hylonomus, est daté de 300 millions d'années. A partir de cet ancêtre lacertiforme, de nombreuses lignées se sont diversifiées ; l'une a donné les dinosaures, une autre les oiseaux, et une autre encore lesmammifères  

Les lézards, les serpents et les amphisbènes (reptiles sans pattes fouisseurs ) composent l'ordre des squamates. Leurs ancêtres étaient probablement proches d'éosuchiens lacertiformes, tels que le reptile primitif Kuehneosaurus, daté de 250 millions d'années.
Ce groupe de reptiles a pleinement réussi son évolution et se rencontre dans des milieux très divers et sur tous les continents, Antarctique excepté. Les lézards sont apparus avant les serpents, les premières espèces identifiables, africaines, étant âgées de plus de 250 millions d'années. Les geckonidés et les scincidés apparaissent plus tard, à la fin du jurassique, il y a 144 millions d'années.
Les vrais serpents (ophidiens) datent de 20 millions d'années, mais des reptiles apodes - sans pattes -, au corps allongé et aux mâchoires très mobiles, ont été datés de 80 millions d'années. Leur évolution demeure énigmatique. 
   

Les chéloniens sont les plus anciens reptiles ayant survécu, étant sans doute apparus voici presque 300 millions d'années.
Ces reptiles se distinguent avant tout par la présence d'une carapace protectrice. Des tortues (Prognnochelys) possédant une carapace peu différente de celle des formes actuelles ont été datées au trias inférieur (230 millions d'années). La réussite de l'évolution des tortues apparaît justement dans la conservation, jusqu'à nos jours, de cette spécialisation précoce. 

Les Ophidiens (serpents) seraient apparus il y a 100 à 150 millions d'années, au début du cétacé. Il existe aujourd'hui près de 3000 espèces distinctes, qui ont évolué au cours du temps, peut-être à partir d'un seul groupe de lézards. L'évolution et la dispersion des serpents ont été une parfaite réussite : une grande variété d'espèces vivent dans une remarquable diversité d'habitats et de conditions climatiques, dans presque toutes les régions du monde.

L'un des caractères qui n'a pas évolué à travers l'histoire des reptiles est la conservation d'une température variable. Certains ont pensé que les dinosaures possédaient une régulation thermique, mais il est alors surprenant qu'ils aient tous disparu tandis que leurs cousins à « sang froid », moins évolués, survivaient. La température variable (sang froid, ou poïkilothermie) n'est d'ailleurs pas toujours un désavantage. Si elle limite la conquête des contrées froides, elle peut favoriser la colonisation des régions chaudes. Les animaux à température variable dépensent moins d'énergie pour assurer leur métabolisme, et peuvent survivre longtemps avec un seul repas : beaucoup d'espèces de reptiles prospèrent ainsi dans des milieux où la nourriture est rare, notamment les lézards et les serpents adaptés aux zones arides ou aux régions de montagne. 
 

Qu'est ce que la terrariophilie:

La terrariophilie est une passion et un "art" qui consiste à maintenir, voire à faire se reproduire certaines espèces animales et parfois végétales en imitant leur biotope dans un milieu confiné, le terrarium. Elle présente de grandes similitudes avec cette autre passion qu'est l'aquariophilie.

L'histoire de la terrariophilie est fort mal connue. On ne sait pas vraiment quand elle a débuté, mais on peut s'avancer prudemment en disant que cette passion est née aux États-Unis dont elle est toujours à la pointe. Par ailleurs en Europe, l'Allemagne, les Pays Bas ont été très en avance par rapport à la France.

Cependant, déjà dans l'antiquité, certaines personnes détenaient et élevaient des grillons dont le chant des mâles plaisait beaucoup. Au moyen-âge, ils étaient même portés autour du cou en pendentif dans de petites boîtes en argent !

Les pensionnaires

Il est bien évident que tout ne peut pas vivre en terrarium. Les principaux pensionnaires des terrariums sont :

* Les reptiles,
* Les arthropodes,
* Les amphibiens,
* Les crustacés terrestres,
* Les mollusques,
* Les plantes exotiques.

Il est à noter que les animaux que l'on rencontre en terrariophilie sont rarement des animaux familiers, ayant un contact rapproché avec l'éleveur. Ceci vient du fait que :

* ces animaux ne peuvent généralement vivre longtemps en dehors de leur terrarium ;
* ces animaux n'ont pas ou peu d'affinité avec les hommes ;
* certains représentent un danger (animaux venimeux) ;
* leur taille réduite (en général) peut conduire à des évasions.

Autres principes de bases:

. Bien se renseigner avant d'acquérir un reptile sur ses exigences, sa taille adulte, les futurs coûts, sa provenance, la régularité de ses papiers...

. "Bouquiner", "surfer sur le net", "discuter" pour apprendre un minimum.

. Un terrarium ne se met pas n'importe où dans une maison, pensez au bien être de l'animal, pas de soleil direct, peu de bruit, peu de passage, ...

.  Lorsqu'on a plusieurs terrarium, l'idéal est d''avoir une pièce à leur consacrer. Les animaux sont tranquilles, on peut chauffer une piece pour l'ensemble et cela diminue les déclenchements des thermostats individuels.

. Respecter les règles d'hygiène, bien se laver les mains apres chaque intervention dans le terrarium, par exemple les tortues aquatiques véhiculent la salmonelle. J'utilise un gel bactéricide, qu'on trouve dans le commerce. 

Mon avis sur le terme N.A.C:

N.a.c : Nouveaux Animaux de Compagnie.
Si avant les foyers préféraient le chien ou le chat, aujourd'hui on s'oriente plus vers des espèces plus particulières et originales. On peut citer évidemment les rongeurs, les oiseaux et les poissons mais également des reptiles, des amphibiens, des insectes, des araignées... Jusqu'à récemment, on pouvait même trouver des ouistitis en animalerie! Si la vente des nac est légale (sous certaines conditions notamment pour animaux exotiques) et accessible à tous, la plupart nécessite un entretien particulier voire des mesures de sécurité (vivarium, grand espace...). Les associations de protection animale s'indignent souvent de la possession souvent inconsidérée de telles espèces animales.

Pour ma part il est de la plus grande abérration de considerer les reptiles comme des animaux de compagnie. Ceux qui comprennent cela en ces termes ou qui l'explique comme cela , ne comprennent rien à la térrariophilie.
De plus il est désolant au plus haut point de rechercher la compagnie d'un python,d'un iguane autre grenouille

Je suis attristé parfois de voir un serpent regarder la télé sur le canapé avec son "maîte " ou comme il est m'est arrivé de voir fût un temps, une personne se ballader en ville avec un iguane sur l'épaule, pauvre bête !!

Ceux qui croient qu'on peut avoir un reptile qui les considère comme je ne sais quoi, ou qu'ils ont un rapport de reconnaissance se trompent. Un grand constricteur comme un Anaconda ou un Python Réticulé , peut éventuellement les considerer...comme des proies ! La seule chose qu'on peut être amener à faire c'est une forme "d'apprivoisement" pour certaines espèces, qui prennent l'habitude de vos interventions dans le terrarium, d'être manipulés,  un iguane peut venir prendre un grain de raisin dans vos doigts( comme faisait le mien)...mais on est bien loin des rapports qu'on peut avoir avec un animal de compagnie  

Ces animaux ont besoin de maintenance spéciale, notamment au niveau de la température, ils stressent tres rapidement hors de leur terrarium. La terrariophilie c'est un ensemble, un tout : animal, terrarium avec biotope reconstitué, techniques et matériel. Les reptiles ne sont ni des chiens ni des chats, ni des lapins nains!

Certes il faut les manipuler pour certains, notamment les serpents,peu de temps et dans la pièce  près du terrarium, mais c'est plus pour les habituer à nos mains et à notre contact, que de lui faire des calins sur le lit! D'ailleurs le serpent s'en fout au plus haut point !

Certes il y a une forme d' "attachement", je l'ai pour mes reptiles. J'ai soigné et porté de l'attention quotidiennement pendant plus de 10 ans à un iguane, le jour où il a disparu, évidemment j'ai eu de la peine, mais de là à les considerer comme des animaux de compagnie, avec toutes les connotations et les conduites abérantes qui en découlent....il y a un monde.

Ethique:

 Le terrariophile maintient en captivité des animaux. Deux questions éthiques se posent alors :
1. La qualité de vie.
2. La protection de l'environnement.

1 - La qualité de vie.
Le minimum est d'offrir aux animaux que l'on maintient en captivité des conditions leur permettant de vivre en bonne santé. Cela signifie leur offrir :
• La place,
• la lumière,
• la température,
• l'humidité (ou la sécheresse),
• la compagnie (ou la non-compagnie),
• la nourriture,
• l'hygiène,
• éventuellement les soins,
dont ils ont besoin. Si vous ne vous sentez pas capable (par manque de connaissance, par manque de temps ou par manque d'argent) de leur offrir tout cela, NE PRENEZ PAS UN ANIMAL. Il mourra assez vite, ce qui vous fera perdre de l'argent, et lui coûtera la vie. Nos compagnons n'ont pas à payer de leur vie notre propre incompétence.

Pour leur offrir ce dont ils ont besoin, vous devez :
• avoir le budget nécessaire à l'achat des matériels, nourritures, éventuellement médicaments dont ils auront besoins.
• Avoir le temps nécessaire pour vous en occuper (poser vous sérieusement la question avant).
• Avoir les connaissances nécessaires sur les besoins de votre nouvelle acquisition. Pour cela :
o Demandez au vendeur.
o Achetez des livres.
o Consultez les sites internet.
o Essayez toujours de croiser ce que vous dit le vendeur avec une autre source. Beaucoup de vendeurs sont en effet modérément compétents.

Un conseil important. Les reptiles ne sont pas des chats ou des chiens. Vous n'obtiendrez pas d'eux l'affection de ceux-ci. Vous avez à faire à des animaux sauvages en captivité. NE LES TOUCHEZ JAMAIS, OU PRESQUE. Cela les stresse toujours gravement, et finirait par les tuer.

RESPECTEZ VOS ANIMAUX. NE LEUR OFFREZ PAS UN MOUROIR.

2 - La protection de l'environnement.

Avoir le plaisir de recréer un bout de nature chez soi ne signifie pas en détruire un ailleurs.
Vous devez être conscient que pour chaque animal capturé vivant longtemps en captivité, une dizaine d'autres, et parfois beaucoup plus, sont morts pour votre plaisir :
• Petits abandonnés par leurs parents capturés (certaines espèces surveillent leurs petits).
• Animaux mourant massivement pendant le transport.
• Animaux mourant chez le détaillant.
• Animaux mourant chez l'acheteur.

On touche là à un phénomène dont les acheteurs sont très peu conscients : les animaux sauvages capturés survivent mal à la captivité, pour plusieurs raisons :

• Les animaux capturés sont souvent plus parasités que ceux reproduits en captivité.
• Ils sont souvent plus porteurs de maladies.
• Ils sont terriblement stressés, ce qui renforce les problèmes sanitaires et le refus de se nourrir (certains amateurs sont obligés de gaver de force leur serpent sauvage toute leur (courte) vie : quelle réussite !).

Fondamentalement, il est à la fois contre-productif et immoral de privilégier les animaux sauvages. Vous avez tout intérêt à privilégier les animaux nés en captivité : pas de destruction de l'environnement, pas de problème d'adaptation à la captivité et moins de problèmes sanitaires.
Laissez les animaux captifs aux éleveurs chevronnés, qui créent des souches captives ou les renouvellent.
Si vous ne le faites pas, vous devez au moins respecter les lois en vigueur sur la protection de la faune sauvage, en particulier la CITES.

De nombreuses espèces sont menacées à travers le monde par la pollution, la déforestation et l'assèchement des zones humides. Beaucoup de ces espèces sont donc protégées. Respectez la loi, ne contribuez pas aux trafics :

• Les amphibiens français sont tous interdits à la captivité. Tout au plus des animaux venus naturellement dans un bassin de jardin.
• Pour les animaux vendus dans le commerce, vérifiez si un CITES est nécessaire, et si c'est le cas, exigez-le.

CITES est l'acronyme de Convention on International Trade of Endengered Species (convention sur le commerce international des espèces protégées). Certaines espèces sont en vente libre, d'autres sont strictement interdites à la vente, et d'autres, enfin, sont autorisées au commerce, mais avec des permis CITES. Ceux-ci expriment le fait que ce commerce ne menace pas l'espèce (animaux d'élevage, prélèvements limités). Le site de la CITES vous donne le nom des espèces protégées (donc nécessitant un certificat CITES)
Vous pouvez limiter l'impact sur les espaces naturels en reproduisant les animaux que vous hébergez, et en contribuant ainsi à réduire les prélèvements dans la nature (et à couvrir une partie de vos frais, par la vente ou les échanges).

 Le terrariophile et les "autres":

Les reptiles , comme d'autres animaux tel le loup , font partie pour, nous humains, de nos peurs ancestrales, voire "génétiques", et en particulier les serpents. Les reptiles en plus de la peur, peuvent  aussi susciter du dégoût. Quand on connaît ces animaux, on sait bien que tout cela est infondé.

En tant que passionnés, on est enclain  à vouloir faire partager, montrer, démontrer, faire connaître et faire comprendre...., ce sont des démarches communes à toutes les passions. Cependant avec les années j'en arrive à cette conclusion: cela ne sert à rien pour bon nombre d'interlocuteurs, et je dis aujourd'hui, qu'il faut absolument comprendre que certaines personnes éprouvent réellement ces sentiments de crainte ou de rejet...et il faut le respecter et ne pas insister.On demande aux autres de nous comprendre, comprenons aussi les autres.  De plus il est extrêmement important que le projet d'avoir un reptile chez soi, soit un projet commun avec le conjoint par exemple, car "imposer" un reptile au dépend de l'autre peut être vraiment source de malaises à tous niveaux.

Enfin , pour un néophyte borné, et autre Monsieur "je sais tout", le terrariophile, est soit un irresponsable, soit un tortionnaire, soit je ne sais quoi...et à ces personnes, plus vous argumentez, plus vous leur paraissez encore plus fou! Pour ces raisons , hormis mes proches, amis, famille, ceux qui viennent chez moi, ...je ne parle pas de ma passion à mes relations au sens large, elles l'ignorent même. Par contre il existe et, heureusement ,beaucoup de personnes qui n'auront sans doute jamais de reptiles, mais qui s'interessent. J'apprécie quand des copains de mon fils, ou des invités , me demandent de "voir", ( ma piece est toujours fermée à clé) , sur chaque terrariums j'ai mis des fiches didactiques sur les espèces que j'heberge, ils les lisent, posent des questions, ils se croient au musée et j'apprécie, et là, la discussion devient ouverte et possible.

Enfin , quel bonheur de partager lorsqu'on rencontre un autre "fou" qui a la même passion !

La législation:

Comme cela est écrit dans la partie "ethique" il y a des lois. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

Voici le lien sur le texte officiel de la convention, pour ceux que ça interesse, j'engage vraiment en tous cas a en connaître les grands axes avant d'acquérir un reptile :   http://www.cites.org/fra/disc/text.shtml#IV

 

 Lorsqu'on a intégré tout ces points qui me paraissent essentiels, la porte de la passion et du plaisir s'ouvre et pour longtemps !

                                                                            

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